11 avril 2009

Le patrimoine

Je suis une fille d'habitudes, de petits rituels, de symboliques. J'ai aussi tendance à avoir un lien significatif avec les choses importantes pour moi. Au chalet, il y avait mon arbre en dinosaure! À la maison, il y avait mon cocon, ma chambre et les berceuses.

J'ai appris, il y a quelques jours, que ma mère vendait la maison. Celle dans laquelle j'ai habité toute ma vie et même si je n'y habitais plus depuis 5 ans, c'était encore MA maison. J'y ai habité pendant plus de 20 ans. J'y ai traversé l'adolescence. Ouf, j'ai l'impression que je perds une partie de mon histoire! J'ai la trouille et je me sens nostalgique!

Lorsque je vais en visite chez ma mère, j'entre, je vais porter mes valises à ma chambre ou je les laisse à la cuisine comme j'avais la vilaine habitude de le faire à l'époque avec mon manteau. J'inspecte un peu ce qui a changé. Je fais le tour de toutes les pièces. Ma mère est un "as" de la déco. Je me promène dans la maison et elle se fait un immense plaisir à m'expliquer dans les moindres détails tous ces petits changements.

C'est la maison de mon enfance, MA chambre, Mon balcon, Mes voisins (les mêmes depuis 24 ans, ce n’est pas rien!). Mon poêle à bois pour les soirs froids de l'Abitibi et pour les jours un peu maussades. Une maison pour un enfant, c'est en quelque sorte sa sécurité, sa stabilité. C'est aussi la mémoire de tout ce que j'y ai traversé, les épreuves, les petits miracles, les grandes joies, les surprises. C'est l'endroit qui garde en mémoire les anecdotes, les souvenirs, les moments forts.

Il y a MON village, celui où on connaît presque tout le monde, où le personnel du dépanneur t'appelle par ton petit nom. Si je n'étais pas moi, j'étais la fille de, la petite fille de, la nièce de... j'étais connue et reconnue pour qui j'étais ou encore à qui "j'appartenais ".

Il y a MA rue, celle où j'ai appris à faire du vélo pour la première fois, celle où je me suis écorché les genoux, foulé les chevilles. Il y a quelques années, cette rue était un lieu de rassemblement fort, tous les jeunes du quartier s'y retrouvaient. Sur cette rue, il y a les petites familles chez qui j'ai gardé tellement souvent. Ces petits monstres qui sont devenus des ados et des jeunes adultes.

Ça me fait drôle de penser que je ne tournerai plus le coin de la Dubois, que je ne passerai plus devant la maison d'un amour d'enfance.Ça me fait drôle de penser qu'une autre petite famille vivra dans MA maison. Que de nouveaux enfants se développeront, vivront, expérimenteront la vie dans Mon espace.

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