20 avril 2009

La violence

Je connais la problématique de la violence sur le bout de mes doigts. Je peux vous entretenir des heures et des heures, du cycle de la violence, des stratégies de domination, des stratégies et des scénarios de protection, des recours possibles, des ressources... Je peux philosopher sur les causes probables de la violence dès que j'ai un interlocuteur moindrement intéressé. Je peux m'insurger facilement face à notre système de justice un peu boboche. Malgré toutes mes connaissances, c'est l'impuissance totale qui m'habite depuis ce matin.

Aujourd'hui, je viens de "crisser" le camps en bas de ma chaise. Et oui, ma belle tite-chaise d'intervenante. J'ai toujours eu une facilité avec ces femmes, mon approche, mes paroles, ça coule de source. Aujourd'hui, je suis sans mot, une des personnes que j'aime le plus sur cette terre se retrouve en maison d'hébergement. Pour travailler dans le réseau, je sais qu'elle y sera bien traitée, qu'elle aura tout le soutien nécessaire et la sécurité, j'ose l'espérer.

Je suis sans mot, à la seule pensée que quelqu'un puisse lui faire du mal, j'ai envie de la venger. J'ai envie de lui construire une grosse armure de chevalier, j'ai envie de l'envoyer à l'autre bout de la planète pour ne pas qu'il la retrouve. J'ai envie de la recouvrir d'une bulbe de verre impénétrable pour être certaine que rien de fatale ne lui arrive. Je sais trop bien par contre que la chose à faire est de la laisser faire ses démarches, de lui faire confiance et de lui dire que nous l'appuyions mais maudit que c'est dure!

Sa situation on là connaissait tous, jusqu'à maintenant nous avions toujours respecté son choix parce qu'on la savait brillante. Hier, risquant sa vie, elle a fait le grand saut! Je l'appuie et son entourage la seconde! Le chemin sera probablement rocailleux dans les prochains jours avec les multiples démarches à faire mais une chose est certaine, cette personne est entourée d'une quantité incroyable d'amour et nous voulons tous la garder près de nous, en forme, en santé et pétante de joie comme nous l'avons toujours connue.

Je sais qu'elle saura traverser l'épreuve la tête haute! Qu'elle en ressortira fière et libre comme toutes ces femmes à qui j'envoie la main sur le perron d'une maison cachée, voguant ainsi vers leur futur plus libre et plus confiante.

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