29 août 2009

Frérot en vacances!

À peine arrivé de mon propre périple, je reçois un appel de ma mère.

Maman en panique: " Y' a une note de frérot sur la table, Parti à Québec, de retour jeudi pour travailler avec Mon'oncle, bye"

Maman prévoyante: "Fais pas le saut, ton frère va peut-être se pointer chez toi cette nuit y'é parti vers 8h30 donc il devrait arriver aux petites heures. Maman un peu paniquée parce que son ti-gars est parti pour une belle aventure avec 20$ dans ses poches, fillette peux-tu lui avancer un peu d'argent?

Sœurette ébahît par la spontanéité de son frère: " pas de problème, je l'attends et je ferai le nécessaire"

À l'époque où il était encore notre ti-n'homme, mon frère était un sacré garnement. À peine né, il mettait déjà du suspense, nous avons dû reporter notre premier rendez-vous parce que Monsieur frôlait la mort. Heureusement, les pédiatres l'ont réchappé et j'ai pu le rencontrer celui qui allait devenir mon bébé. Je me souviens encore de ces jours où il crachait sur mes amis, frappait dans ma porte de chambre avec ses bébelles, rentrait une prise électrique dans le nez de la première gardienne venue, mettait ses mains dans les excréments du chien pour être sûr de ne pas aller à l'école, faisait boire de son urine à titre de jus de pomme aux petits amis de la garderie et là j'en oublie, c'est certain.

Mais croyez-moi avec le temps rien ne s'est amélioré! Quant l’ adolescence prend là-dedans, ça n’arrange pas grand chose. Première cause de l'insomnie de ma mère! Elle se réveille en plein milieu de la nuit et se rend compte que son ti-gars n'est toujours pas rentré. Elle le cherche sans relâche dans notre petit patelin. Des appels en plein de milieu de la nuit parce que fiston est trop soûl pour rentrer sur ses deux pattes ou encore parce que son état d'ivresse à nécessité une hospitalisation. Un sympathique policier pour lui demander à 2h du mat de venir le réclamer. Bref, je ne serais pas surprise de voir ma mère consacrer ses nuits à de longues périodes de prière afin que Dieu lui laisse son ti-gars en vie et réclamer un bond dans le temps afin qu'il atteigne plus vite la majorité.

Et moi, quel choc lorsque j'ai vu pour la première fois MON Ti-n'homme cigarette au bec. Mon bébé qui fume, ah! Mon bébé qui conduit sa première voiture. Mon N'homme (il faut bien s'adapter parce que de part sa carrure il n'a plus rien d'un Ti-n'homme) démantibulé sa première voiture parce qu'il s'est pris la bordure de trottoir à 140 km/h dans le centre-ville.

Mais là, je l'attends candidement chez moi. Contente de le voir gagner en autonomie. Contente de le savoir aventurier. Je magasine sur internet, relaxe, en robe de nuit, surprise la soeur, un grand jack de 6 pieds surnommé frérot vient de faire éruption dans ma cuisine sans cogner. Ça y est, j'ai à mon tour frôlé la mort!

Ma soeur, on est affamé, on a pas mangé depuis hier soir 17h. Il est 10 h 30 Am et dois-je spécifier que mon N'homme est diabétique! Ma soeur, on n'a pas dormis depuis 24 h. J'ai juste du linge, pas de déo, pas de rasoir, pas de brosse à dent. Moi, c'est ce que j'appelle voyager léger! Alors allons-y pour les besoins de base: Petit déj. les gars? Oh yes! Une douche les gars? Ben non! Frérot, j'ai un ancien déo que tu avais oublié ici! Oh yes! Voulez-vous dormir un peu? Ben non, si on se couche on se réveillera plus! La preuve que Maslow c'est peut-être trompé, les besoins de base ne sont pas les mêmes pour tout le monde.

Ma soeur aurais-tu des allumettes parce qu'on a pas de feu mais mais c'est pas trop grave mon chum a installé une ampoule 40 ampères dans son Char et ça vient tellement chaud qu'on est capable de s'allumer. Ça, moi j'appelle ça de la débrouillardise!

La soeur décide de les amener au resto pour dîner. En sortant, je vois le VÉHICULE. Ouf et dire que le dit Char vient de faire 1200 km. Une poubelle avec quatre roues pour reprendre l'expression d'une amie. Originalement rouge... maintenant rose délavé tirant sur le blanc par endroit. Lorsque son chum a ouvert la porte, je croyais qu'elle allait lui rester dans les mains. Mais y a pas de problème... ils ont chacun un gros 20$ dans leur poche! Achetez depuis 50 000 Km et aucun changement d'huile depuis ce jour. Un pneu abîmé parce qu'ils ont omis de le gonfler. Mais le vrai avantage de cette bagnole, c'est qu'ils ne peuvent pas rouler plus de 115 km/h sinon il se met à trembler. Mais y en a pas de problème... c'est les vacances de Frérot!

À peine de retour à la maison, ils décident de repartir pour Québec et d'aller à Valcartier! Un peu de sensations fortes, ça fait toujours du bien! Ils sont partis depuis une heure... je relaxe! Surprise! En fouillant dans la craque du divan, je trouve son stylo d'insuline. Shit, il est parti sans son insuline. Dring Dring!
-Frérot, je viens de trouver ton stylo,
-pas grave j'en ai deux!
-Fiou, prévoyant tout de même!
-La soeur, on vient d'appeler CAA.
-AH OUI, pourquoi?
-Crevaison, le pneu a explosé
- Ah wow! Êtes-vous correct?
- Ben oui!

Si vous saviez comme je rêve du jour, où dans une vingtaine d'année, je vais le regarder courir après sa marmaille avec un sourire au coin des lèvres, un regard malicieux et une vilaine petite impression de juste retour des choses! J'ai hâte de lui rappeler ses mauvais coups, et ses folies. Faut croire que c'est ce qui forge la jeunesse! Et visiblement, nous n'avons pas toute la même tolérance au risque!

6 août 2009

L'attente

Je suis vraiment pas bonne pour patienter! J'aime que tout soit vite fait, bien fait! "Let's go, elle est partie"!

Mais là, je suis prise, j'attends que peut-être futur proprio revienne de la pêche? J'attends de le rencontrer et de faire bonne impression. J'haïïïs ça attendre de devoir faire bonne impression. J'haïïïs ça que ce soit LUI qui décide si oui ou non j'ai le droit d'habiter dans son appart. Promis, promis, Monsieur, je suis une bonne tite fille, je paie bien, je fais pas de bruit, je ne défonce rien.

Et y a l'Homme au grand H que j'espérais dans ma vie... je l'avais oublié, il n'avait jamais retourné mes appels en 6 mois. Mais là, Monsieur s'est décidé, coucou la grande! Alors j'ai drôlement envie d'adopter une attitude du genre... court mon lapin! Après 6 mois sans nouvelle, surtout que c'était moi qui avait fait les premiers pas, je pense que c'est légitime! Mais là encore j'haïïïs ça attendre et tenter de séduire pour faire bonne impression!

Je sais que de l'attente on tire des sensations vraiment intéressantes, que ça permet de fantasmer, que ça peut laisser place à d'agréable surprises mais ça laisse trop de temps à mon cerveau pour se faire des milliers de scénarios.

J'ai hâte que ça aboutisse, y me semble que je suis dans un beau tournant de ma vie, ça pourrait continuer, non?

1 août 2009

L'année du changement

Après trois emplois différents depuis janvier, je croyais que l'année des changements était terminée, mais non! Il y a quelques temps, j'avais émis le souhait de déménager. J'avais envie d'un appartement qui allait me ressembler que j'allais vraiment habiter. Je commençais à regarder ce qui s'offrait sur le marché mais je venais de renouveler mon bail, la chose me semblait alors plutôt compliquée.


En pleine vacances, ma tante me téléphone. "Jo sous-loue son appart, le veux-tu? À peine descendue de l'autobus, me voici en train de visiter un appart. Un duplex, l'appartement un grand 4 1/2, rustique, sur 2 étages, bain sur pattes, près du fleuve, magnifique chambre des maîtres, plancher de bois, moulures, propre bien qu'embourbé, libre en octobre, balcon, grande cours arrière, beaucoup de rangements, Super bon rapport qualité/prix, à environs 20 minutes du travail, transports en commun accessibles.


C'est fou comme c'est épeurant le changement... je me repasse toutes les "et si" en boucle dans ma tête,

Et si, je n'arrivais pas à sous-louer mon appartement à temps?
Je devrais me résigner à payer un double mois de loyer ou négocier

C'est un peu plus cher que ce que j'ai, et si je n'arrivais pas?
Je pourrais toujours trouvé un(e) chambreur(euse)

À combien s'estime les coûts de déménagements? Et si, je ne pouvais pas les assumer?
Y aura toujours des gens autour de moi pour m'aider, j'ai déjà plein d'offre d'aide pour déménager et la dernière fois, je m'en suis tirée pour pas trop cher.

C'est une vieille maison et si, c'était mal isolé et que les factures d'hydro étaient astronomiques?
C'est forcément mal isolé mais je sais économiser sur le chauffage

Et si, je mourrais de trouille et de solitude toute seule dans une grande maison comme celle là?
Alors je trouverai de quoi m'occuper, la restauration de vieux meubles dans le cabanon, les cours de navigation, le yoga, la méditation, la décoration.

Et si, je devais rencontrer l'homme de ma vie?
Il y aura amplement de place pour lui chez moi.

Et si, j'avais du mal à m'adapter à une nouvelle ville?
Et si, cette ville offrait aussi des avantages intéressants, pistes cyclables, parcs avec vue sur le fleuve, la famillia à proximité.


"Dis oui, dis oui, on change de maison!"

Y-a-t-il réellement une bonne raison pour ne pas que je m'active sur le champs? Une autre raison qui ferait que je ne commence pas maintenant les boîtes? Bien évidemment, autre que cette foutu peur du changement, de la solitude, de l'instabilité financière et de la hantise pour les déménagements.

Suis-je prête ici et maintenant, là est la question?

Un peu plus au Nord

Toujours tout droit vers le Nord. Vous quittez l'autoroute, suivez la 117, observez les 15, 20, peut-être 30 lacs qui bordent la route, des milliers d'arbres accompagnent vos réflexions et là, un peu après avoir retrouvé un semblant de civilisation, vous arrivez dans la capitale du carrefour giratoire. C'est lorsque, dans un de ces carrefours giratoires, j'ai dû céder le passage à un VTT que j'ai réalisé que j'étais chez nous. Un peu plus loin, une dame, pot de Bécel à la main, ramasse sa provision de bleuets. Un peu plus loin encore, à droite, on monte la côte du village, un peu à droite encore et vous y êtes, chez nous!

L'odeur, un mélange d'épinettes et de feux de camps, le vent frais du nord même en plein mois de juillet, le gars du dépanneur qui te reconnaît, de vieilles connaissances croisées dans le Centre d'achats, la famille, mon frérot costaud maintenant (tout le monde change!), mes classiques, mes coins favoris, de vieilles amitiés qui perdurent malgré la distance, la simplicité, la disponibilité, les surprises, les guimauves à profusion dans chaque dépanneur, les BBQ en pleine air... c'est un peu tout ça, moi, mes vacances, MA RÉGION.

Mon chez nous pendant plus de 20 ans et là j'ai fait mes adieux à la maison de mon enfance mais pas à la Région! J'y retournerai prochainement avec une ligné de petits, pour les faire courir dans l'air frais du Nord.