24 avril 2009

Les vacances...

Ah mais, il y a quand même quelques trucs de merveilleux qu je retire de ce mercredi de désillusion...

J'ai gagné un livre de M. Lamoureux. Je vais donc pouvoir continuer de fantasmer en secret.

Et mon biscuit chinois me prédit:
" Une ère palpitante s'ouvrira bientôt à vous"

Que dois-je y comprendre?
Une nouvelle ère dans le communautaire, la pratique du lâcher prise dans ma vie personnelle sur mon milieu de travail ou les vacances... J'opte pour les vacances, le reste m'attendra à mon retour!

Constats décevants

Mercredi dernier, j'étais en formation avec l'homme sur qui j'ai probablement le plus fantasmé dans la dernière année... c'est dire à quel point ma vie sexuelle a été au point mort!

Henri Lamoureux, sociologue, expert du mouvement communautaire, enseignant à l'UQAM, écrivain, romancier, etc. Alors, bref, nouvelle patronne sympathique (non mais ça fait changement) décide de réaliser mon fantasme et de m'y envoyer. Le titre, l'Action communautaire en quête de sens.

Je vous explique...

J'avais 10-11 ans et ma grand-mère m'initiait déjà à la vie communautaire. La Guignolé, l'aide à la recherche pour le cancer, accompagnatrice pour les aînées, on "bénévolait" ensemble. Je prenais déjà conscience des conditions de vie des individus qui m'entoureraient et de l'impact que je pouvais avoir sur eux. Au secondaire, je me suis impliquée sur différents comités pour venir en aide aux élèves les plus pauvres, cueillette de matériel scolaire usagé, spectacle-bénéfice, intégration des handicapés, etc. Au Cégep, mon choix était clair le travail social, j'y ai tout de suite trouvé ma voie. Je faisais maintenant partie d'un grand mouvement empreint de solidarité. J'analysais notre contexte socio-politique, je comprenais l'origine de certaines problématiques, j'étais engagée d'une grande mission, celle de changer le monde, bon attention, pas toute seule, mais avec tout ce beau monde.

Réalistement, on peut dire que ça fait plus ou moins 5 ans que je travaille dans le domaine et j'avoue que dans la dernière année, je me suis grandement questionnée sur l'état du mouvement communautaire au Québec. Malgré ma passion et ma foi pour le mouvement, je me demande où on s'en va comme ça?
Voici un bref cours d'histoire juste pour situer les affaires:

Avant 1960, L'Église joue un rôle clef, c'est la logique caritative, pauvre ti-pit y fait pitié, si c'est un bon petit "catho" on va l'aider. Empreint également du dicton, "aide toi et le ciel t'aidera".
Mi des années 60, suivant une importante réforme en éducation, les gens ont accès à plus d'informations, remettent en question l'idéologie dominante, développe donc plutôt une logique de solidarité. L'Expo 67 nous ouvre sur le monde, tout est possible!

Début des années 1970, réflexion critique beaucoup plus présente, analyse poussée des problématiques sociales. Les citoyens se regroupent pour former des comités de citoyens pour modifier les conditions de vie des plus démunis. Les gens sortent de leur sous-sol et prennent conscience des similitudes de leur condition de vie. Les troupes sont mobilisées, les citoyens sont impliqués, c'est la naissance de tout un mouvement. Les gens sont les experts de leur situation. Ils sont pris dans leur globalité. Tout est possible! L'État n'a pas d'autre choix que de suivre le mouvement.

Mi des années 80, les comités de citoyens ont permis la mise en place d'organismes dans différents secteurs pour répondre aux diverses problématiques. Les troupes s'essoufflent, les bénévoles arrivent difficilement à répondre aux demandes, l'État appuie de plus en plus les groupes communautaires ce qui permet l'embauche de personnel "qualifié" ou spécialisé. On observe un développement massif des services des premières lignes. On développe une analyse réfléchie et très terrain des différentes problématiques. Plusieurs nouvelles techniques d'intervention émergentes du communautaire.

Dans les 15 dernières années, on découvre la richesse que représente le mouvement communautaire, certaines subventions se font plus généreuses, on établit des partenariats publics/communautaires. On développe le syndrome de la "représentite aigüe", on s'implique sur toutes les tables, on est du monde important, on s'assied à côté de Monsieur le Ministre.

Mes craintes et mes constats, un mouvement communautaire à la dérive!

La force de solidarité de tout un mouvement est en train de s'effriter. J'observe une nette compétition entre les organismes, chacun tire sur son côté de la couverture pour augmenter son financement et mieux répondent au besoin de sa "clientèle", on développe des stratégies que l'on copie au privé.

On joue à la psychothérapeute, on résout les problèmes des gens plutôt que de les mobiliser. On les traite en ignorant. Les gens cognent à notre porte en réclamant des services, nous les morcelons en petite parcelle de problèmes, "tu ne peux plus manger va vers tel organisme, tu as des problèmes de toxico, cogne à telle porte, tu as un conjoint violent téléphone à telle maison d'hébergement." Les plus démunis doivent tenir un agenda! Et le plus drôle, c'est que certains organismes s'inquiètent de leur difficulté à mobiliser les gens au sein de leur organisme.

Le "cheapleabor" du public, c'est le communautaire, la main d'oeuvre coût pas trop chère, on est rendu de vrai professionnel et comme on veut être ami avec M. le Ministre et bien on ne fait pas trop de vagues. Une intervenante comme moi en CLSC, ça coûte bien plus cher, assurance collective, fond RÉER, salaire. Étrangement, on crie moins fort, on apaise la rage des plus démunis avec un petit pansement pour éviter qu'ils ne crient trop eux aussi, ça ferait mauvaise presse et pas trop professionnel.

À vouloir être noble, on perd de vue la fougue de notre origine, on perd le fondement même de nos missions, changer la condition de vie des plus démunis. À siroter un petit verre de rouge avec nos dignes dirigeants, on oublie les gens assis sur le fauteuil d'un logement miteux, les yeux bouffis et l'estomac vide.

Durant cette superbe formation, j'ai entendu des préjugés gros comme le bras, j'étais gênée d'appartenir à ce mouvement qui perd de sa culture et de son intégrité. J'étais gênée d'appartenir à un mouvement qui accuse ma génération de vouloir trop miser sur la qualité de vie, Cibole je travaille 12 jours sur 14, on repassera pour ma génération paresseuse!

Je suis décontenancée de voir à quel point notre société individualiste et de consommation à influencer le monde du communautaire.

La madame est due pour des vacances... deux dodos! Let's go!

20 avril 2009

La violence

Je connais la problématique de la violence sur le bout de mes doigts. Je peux vous entretenir des heures et des heures, du cycle de la violence, des stratégies de domination, des stratégies et des scénarios de protection, des recours possibles, des ressources... Je peux philosopher sur les causes probables de la violence dès que j'ai un interlocuteur moindrement intéressé. Je peux m'insurger facilement face à notre système de justice un peu boboche. Malgré toutes mes connaissances, c'est l'impuissance totale qui m'habite depuis ce matin.

Aujourd'hui, je viens de "crisser" le camps en bas de ma chaise. Et oui, ma belle tite-chaise d'intervenante. J'ai toujours eu une facilité avec ces femmes, mon approche, mes paroles, ça coule de source. Aujourd'hui, je suis sans mot, une des personnes que j'aime le plus sur cette terre se retrouve en maison d'hébergement. Pour travailler dans le réseau, je sais qu'elle y sera bien traitée, qu'elle aura tout le soutien nécessaire et la sécurité, j'ose l'espérer.

Je suis sans mot, à la seule pensée que quelqu'un puisse lui faire du mal, j'ai envie de la venger. J'ai envie de lui construire une grosse armure de chevalier, j'ai envie de l'envoyer à l'autre bout de la planète pour ne pas qu'il la retrouve. J'ai envie de la recouvrir d'une bulbe de verre impénétrable pour être certaine que rien de fatale ne lui arrive. Je sais trop bien par contre que la chose à faire est de la laisser faire ses démarches, de lui faire confiance et de lui dire que nous l'appuyions mais maudit que c'est dure!

Sa situation on là connaissait tous, jusqu'à maintenant nous avions toujours respecté son choix parce qu'on la savait brillante. Hier, risquant sa vie, elle a fait le grand saut! Je l'appuie et son entourage la seconde! Le chemin sera probablement rocailleux dans les prochains jours avec les multiples démarches à faire mais une chose est certaine, cette personne est entourée d'une quantité incroyable d'amour et nous voulons tous la garder près de nous, en forme, en santé et pétante de joie comme nous l'avons toujours connue.

Je sais qu'elle saura traverser l'épreuve la tête haute! Qu'elle en ressortira fière et libre comme toutes ces femmes à qui j'envoie la main sur le perron d'une maison cachée, voguant ainsi vers leur futur plus libre et plus confiante.

19 avril 2009

Les vacances

Pour la première fois de ma vie, je m'offre des vacances!

J'ai un "léger" côté workolique, j'ai l'habitude du rythme effréné. Mais là ce sera des vrais vacances, la plage, le sable fin, la mer, mojito sur le bord de la piscine. Le tout inclu, quoi! Pas de 12 jours sur 14, pas de remplacement de dernières minutes, pas de rapport à terminer, d'animation à planifier, de rencontre à structurer, rien tout ça.

La dernière fois que je me suis décidé à voyager toute seule, j'ai fait le tour de la Gaspésie comme une grande! Je me souviens de l'immense sentiment de solitude qui m'avait envahi lorsque je suis débarquée seule face à l'infini du fleuve. Je pense que j'ai encore cette peur qui m'habite. J'ai peur de me retrouver seule face à moi-même dans un univers inconnu. Ici j'ai mes repères, là-bas j'en aurai aucun. D'un côté c'est excitant l'inconnu mais de l'autre ça me fout vachement la trouille!

J'ai beau miser sur l'optimisme, me dire que j'aurais le temps de profiter de la vie, de savourez chaque petit moment, de m'émerveillez devant toute la splendeur qui va m'entourer. Il me reste quand même juste ici à la poitrine un petit serrement, un j'ai peur, un tout à coups que... Et là, si vous pouviez voir tous les scénario dans ma tête, vous seriez mort de rire!

Malgré tout, je sais que ce sera le moment de me retrouver avec moi-même! D'aller me faire bercer par les vagues, d'aller faire chauffer mon corps sous le chaud soleil de Cuba!

12 avril 2009

Comme si c'était hier...

J'ai vécu de magnifiques retrouvailles hier...

Il y a environ 3 ans, j'ai travaillé avec une gang d'ados. Des vrais de vrais, pas toujours drôles, un peu délinquants par bout, qui avaient aussi besoin de tester mes limites. Bien sûr, ça n'a pas toujours été facile, mais je garde de merveilleux souvenirs de certains d'entre eux. Deux entre autres en qui je crois fermement. J'ai toujours eu la certitude qu'ils iraient loin dans la vie même si comme un peu nous tous ils partaient d'un peu loin.

Hier soir, j'étais invitée à souper chez une ancienne collègue avec eux. Elle aussi est toute aussi merveilleuse. J'ai toujours reconnu ces compétences. Pour moi, cette femme est unique. C'était la plus meilleure! Elle a une énergie débordante, un souci du détail et une présence incroyable auprès des petits comme des grands. Elle a toujours établi ses priorités en fonction de ses enfants et son choix m'a toujours beaucoup touchée. C'est une maman à part entière, prête à tout et une femme extraordinaire.

Hier, je les ai rejoints, j'étais l'invitée-surprise. Leur réaction m'a beaucoup touchée. J'étais un peu nerveuse, ça faisait un bail! Ils m'ont accueillie à bras ouvert, je les ai retrouvés avec leur humour, leurs expériences d'ados et de jeunes adultes.

Je suis vraiment fière d'eux, c'est comme si j'avais réussi à établir un lien avec eux que pour toutes sortes de raisons, je n'arriverai probablement jamais à établir avec mon propre frère du même âge. Aujourd'hui, un deux me remplace dans mes anciennes fonctions. J'ai toujours cru en sa sensibilité, son sens de l'éthique et du respect. L'autre a joint l'équipe de football, j'ai toujours su qu'il avait la force de caractère, le courage tout en étant intelligent et stratégique! Je suis vraiment fière!

Un deux m'a lancé hier "ça me fait tout drôle en dedans de te revoir ". Lorsque je lui ai demandé ce qu'il voulait dire exactement, il m'a dit "ça me rappelle des souvenirs ". Mon "tout drôle en dedans " à moi, c'était la nostalgie. Peut-être la même que la sienne, la nostalgie d'un temps passé, d'un plaisir retrouvé, de la simplicité d'être ado, sans responsabilité et sans souci.

Je les ai retrouvés comme si je les avais quittés hier et j'ai réalisé que c'est ce qui me manquait le plus cette légèreté et cette insouciance de l'adolescence.

11 avril 2009

Le patrimoine

Je suis une fille d'habitudes, de petits rituels, de symboliques. J'ai aussi tendance à avoir un lien significatif avec les choses importantes pour moi. Au chalet, il y avait mon arbre en dinosaure! À la maison, il y avait mon cocon, ma chambre et les berceuses.

J'ai appris, il y a quelques jours, que ma mère vendait la maison. Celle dans laquelle j'ai habité toute ma vie et même si je n'y habitais plus depuis 5 ans, c'était encore MA maison. J'y ai habité pendant plus de 20 ans. J'y ai traversé l'adolescence. Ouf, j'ai l'impression que je perds une partie de mon histoire! J'ai la trouille et je me sens nostalgique!

Lorsque je vais en visite chez ma mère, j'entre, je vais porter mes valises à ma chambre ou je les laisse à la cuisine comme j'avais la vilaine habitude de le faire à l'époque avec mon manteau. J'inspecte un peu ce qui a changé. Je fais le tour de toutes les pièces. Ma mère est un "as" de la déco. Je me promène dans la maison et elle se fait un immense plaisir à m'expliquer dans les moindres détails tous ces petits changements.

C'est la maison de mon enfance, MA chambre, Mon balcon, Mes voisins (les mêmes depuis 24 ans, ce n’est pas rien!). Mon poêle à bois pour les soirs froids de l'Abitibi et pour les jours un peu maussades. Une maison pour un enfant, c'est en quelque sorte sa sécurité, sa stabilité. C'est aussi la mémoire de tout ce que j'y ai traversé, les épreuves, les petits miracles, les grandes joies, les surprises. C'est l'endroit qui garde en mémoire les anecdotes, les souvenirs, les moments forts.

Il y a MON village, celui où on connaît presque tout le monde, où le personnel du dépanneur t'appelle par ton petit nom. Si je n'étais pas moi, j'étais la fille de, la petite fille de, la nièce de... j'étais connue et reconnue pour qui j'étais ou encore à qui "j'appartenais ".

Il y a MA rue, celle où j'ai appris à faire du vélo pour la première fois, celle où je me suis écorché les genoux, foulé les chevilles. Il y a quelques années, cette rue était un lieu de rassemblement fort, tous les jeunes du quartier s'y retrouvaient. Sur cette rue, il y a les petites familles chez qui j'ai gardé tellement souvent. Ces petits monstres qui sont devenus des ados et des jeunes adultes.

Ça me fait drôle de penser que je ne tournerai plus le coin de la Dubois, que je ne passerai plus devant la maison d'un amour d'enfance.Ça me fait drôle de penser qu'une autre petite famille vivra dans MA maison. Que de nouveaux enfants se développeront, vivront, expérimenteront la vie dans Mon espace.

8 avril 2009

Désir d'exception ou simplement lion

Je suis lion depuis maintenant presque 25 ans. Ça fait souvent peur, lorsque je le dis, je vois la réaction des gens. "Ouf, celle-là, elle doit avoir du caractère!" "C'est une tenace". Ça fait surtout peur aux hommes (pour ceux qui s'intéressent à l'astrologie en tout cas!) C'est à peine, s'ils ne me demandent pas si je mords. Du mordant, je pense que j'en ai, mais juste assez! La vie m'a appris à être plutôt conciliante.

J'ai le front d'un lion, son côté protecteur aussi et probablement son indépendance. Cette semaine, j'ai réalisé que j'étais forcément aussi fière que le lion. J'ai pris conscience d'un désir d'exception qui m'habite.

J'ai le désir franc et sincère de laisser ma trace, de me distinguer! Je cherche souvent à me dépasser, à me surpasser.

Pour me prouver à qui? Je n'en sais trop rien! Je me disais que je ne voulais pas mourir sans avoir laissé ma trace. Je ne sais pas ni où, ni comment, ni même quand mais j'ose espérer qu'un jour j'assouvirai ce désir enfouit au fond de mon ego.